Jérémie Daum, conseiller numérique : “Je crée beaucoup de ressources que je partage à mes collègues”

Thématique(s) : Inclusion numérique
Type(s) de média : Interview Parole de conseiller Portrait
Le 12/12/2023

Rencontré pendant NEC à Bordeaux, Jérémie Daum a accepté de partager son expérience et de nous expliquer comment il crée et partage des ressources utiles aux autres conseillers numériques. 

Pouvez-vous vous présenter ?

Je suis conseiller numérique depuis maintenant un an et demi, mai 2022 pour être précis, au sein d’une agglomération du Pays de l’Or dans le département 34 [NDLR : l’Hérault, en région Occitanie]. C’est une communauté de communes qui réunit notamment les villes Mauguio, La Grande Motte, Carnon…

Avec quel type de public travaillez-vous ? 

Lorsqu’on regarde les statistiques, 70% du public que j’accompagne sont des seniors, car je travaille sur des communes comme La Grande Motte qui compte beaucoup de retraités. J’ai également des demandeurs d’emploi, des personnes en reconversion professionnelle, et j’essaie de plus en plus d’attirer un public professionnel, comme les microentreprises. Ayant un parcours de formateur, il m’a semblé important d’aller chercher ce public-là qui peut avoir besoin d’aide avec le numérique. 

Quelles sont les principales difficultés des micro-entrepreneurs ? 

Leurs principales difficultés, c’est la méconnaissance des outils numériques. Il s’agit donc de leur faire connaître des outils simples et accessibles à tous qui peuvent les aider dans la gestion de leur activité au quotidien ou qui peuvent leur permettre d’être plus visibles sur Internet. Il y a aussi des problématiques quant à l’utilisation des réseaux sociaux : comment communiquer, quel réseau est le plus adapté… Parfois, il s’agit de demandes plus basiques comme la prise en main des logiciels de bureautique. Il ne s’agit pas nécessairement de porteurs de projets avec des budgets importants, donc il faut aller chercher des outils ouverts, des outils libres, ou du moins connaître un peu la jungle des outils de bureautique dont un entrepreneur aura besoin. Cela fait partie de mes habitudes de mettre à disposition des outils les plus ouverts possibles, pas toujours gratuits, car ils ont leurs limites, mais des outils faciles et rapides à mettre en œuvre pour des publics qui vont avoir un métier qui n’est pas du numérique, mais qui ont besoin du numérique.

À propos de logiciels libres, avez-vous déjà créé des ressources pour d’autres conseillers numériques ? 

Oui, je crée beaucoup de ressources que je partage à mes collègues. Nous sommes trois conseillers numériques sur le territoire, et lorsqu’on a commencé, on s’est beaucoup alimenté de ressources libres comme PIX et Solidarité Numérique. Souvent, quand je crée des ressources, je pars quasiment de zéro et j’utilise des outils que je maîtrise bien comme Canva ou PowerPoint. Je préfère réaliser mes propres supports, car cela me permet de me sentir plus à l’aise dans les ateliers collectifs. J’ai donc créé ma propre base de supports via l’outil Canva qui est accessible aux autres conseillers numériques du territoire.

Lorsque vous utilisez des ressources existantes, vous les réadaptez toujours ou vous les prenez telles quelles ? 

Cela dépend. Pour un atelier de premier niveau en informatique, j’utilise souvent un quiz de la MAIF que j’ai trouvé et qui est très bien. Dans ce cas, je ne vais pas le réadapter. Je vais citer la source et l’utiliser tel quel. Il existe quelques outils libres et anonymes qui sont vraiment bien faits. Lorsque j’en trouve un nouveau, je le teste auprès de mes usagers et je vois si ça fonctionne ou pas face à l’audience. C’est ce qui qui va déterminer si je l’adapte ou pas. Je constate souvent que les outils clé en main proposés Pix, Solidarité Numérique et les Bons Clics sont très bien pour des débutants, mais lorsqu’il s’agit d’aller à un niveau supérieur, je suis obligé de les adapter. 

Est-ce que vous partagez ces ressources sous forme de commun ?

Oui, je les partage, mais très peu sur Mattermost [NDLR : un espace de discussion partagé à destination des conseillers numériques]. Je sais qu’il y a beaucoup de mes confrères qui y sont, mais moi je les partage plutôt sur Linkedin. J’ai une audience de confrères et de professionnels du numérique sur ce réseau. C’est d’ailleurs sur Linkedin que j’ai le plus appris, et que je continue à apprendre. 

Avez-vous assisté à des conférences pendant le NEC ? 

Oui, j’ai suivi l’atelier sur les Points Info Jeunes parce que c’est un public que je touche peu. Par conséquent, j’ai moins d’informations, je suis moins en veille là-dessus. Par exemple, on parle beaucoup de cyberharcèlement ces derniers temps et cet atelier m’a permis d’avoir quelques méthodes et outils de base si jamais je suis confronté à cette problématique. 

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